Bonjour mes Douces Fées,

J'ai trouvé ce texte sur le blog de ce Monsieur Serge CONSTANZA , je m'y suis complètement retrouvée quelques décennies en arrière, je peux y ajouter que nous n'avions ni eau courante ( on allait la chercher à la fontaine ), ni salle de bain, que nous faisions la lessive dans le ruisseau l'été, dans la lessiveuse l'hiver, et que nous avions la fameuse " Cabane au fond du jardin, vous me comprenez ! " Et plein d'autres choses encore, mais je ne voudrais pas dénaturer la beauté de ce merveilleux texte et je voulais vous le faire partager.

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Armée de l'Air

Une photo de deux camarades et moi à cette époque - 1971  Gare de Perrache - Lyon -

 petite rose

Bonne journée mes Fées et à demain pour une surprise !


Nous sommes nés entre 1950 et 1970

En regardant en arrière, c'est dur de croire qu'on ait réussi à survivre si longtemps !
Lorsque nous étions enfants, nous nous promenions en voiture sans ceinture de sécurité ou d'airbags pour nous protéger. Nos chambres étaient peintes de couleurs vibrantes au plomb et nos maisons étaient isolées à l'amiante. Il n'y avait pas de couvercle de sécurité sur les bouteilles de médicaments et de produits toxiques, ni de serrures sécuritaires sur les armoires. Lorsque nous partions faire un tour de vélo, on le faisait sans casque ! On allait seul en ville chercher le pain, le lait dans un broc en aluminium à peine fermé.
On buvait même de l'eau directement des tuyaux d'arrosage. Quelle horreur ! On se faisait des petites voitures (caisses à savon), avec des vieux patins à roulettes et des planches en bois, pleines d'échardes, et on se laissait aller dans les descentes, sur le trottoir bordant la Nationale, pour s'apercevoir trop tard qu'on avait oublié de mettre des freins. Après être rentrés dans les buissons ou les clôtures à quelques reprises, on solutionnait le problème. On quittait seul la maison, tôt le matin, pour aller à pied à l'école, et on revenait souvent au moment où les lampadaires de la rue s'allumaient dans les villes ou dans la nuit à la campagne. Imaginez donc, pas de téléphone portable, personne ne pouvait nous joindre de la journée.
On mangeait des gâteaux secs, du pain et du beurre, et nous n'étions pas obèses... il faut dire que nous jouions presque toujours à l'extérieur. On buvait souvent à quatre ou cinq dans la même bouteille, et il n'y a jamais eu de décès à cause de ça. On jouait à des jeux dangereux et souvent, on se faisait mal. On grimpait dans les arbres, on enjambait les murs des voisins. Parfois, il y avait des chutes, avec des coupures et des os cassés, mais personne n'était blâmé. C'était l'apprentissage de la vie. Parfois on se battait entre nous, on avait des bleus, mais on apprenait à passer par-dessus.
Avec un Opinel à 5 balles en poche, on était les rois du monde. On fabriquait nous-mêmes les jouets dont on avait envie, et notre imagination n'était pas en reste.
On n'avait pas de Wii, de Playstation ou de X Box, ni 99 chaînes télé, ni PC, ni jeux en réseau.
Mais nous avions des amis, et si nous voulions les voir, tout ce qu'on avait à faire, c'était de sortir et se rendre chez eux, sonner et entrer pour pouvoir leur parler.
Imaginez ça, sans même demander la permission à nos parents ! Comment faisait-on tout ça, sans gardien, de notre propre initiative, dans ce monde cruel ?
On inventait des jeux, avec des bâtons et des balles de tennis, on mangeait toutes sortes de choses, mais contrairement à ce qu'on nous disait, rarement quelqu'un perdait un oeil ou était infecté d'un virus. Certains écoliers n'étaient pas aussi futés que les autres. Parfois, ils manquaient leur année et devaient redoubler. Les classes et les examens n'étaient pas encore ajustés pour compenser ces différences, quelle qu'en soit la raison. Nos actions étaient les nôtres. Nous en supportions personnellement les conséquences. Personne pour nous cacher. L'idée de se faire protéger par nos parents si nous commettions une infraction était impensable. D'ailleurs, nos parents étaient du côté de l'autorité, c'est-y pas effrayant ? Mais cette génération a produit les meilleurs preneurs de risques, solutionneurs et inventeurs.
Les 50 dernières années ont été une explosion d'innovations et d'idées nouvelles.
On avait la liberté, la responsabilité de nos succès, ainsi que celle de nos défaites.
Le plus important, c'est qu'on a appris à vivre avec tout ça.
Félicitations, si comme moi vous êtes de ceux-là !
Vive les gens qui, comme nous, ont eu la chance de grandir avant que les avocats et les gouvernements se mettent à réglementer nos vies pour... "notre bien".

Serge CONSTANZA

barre lierre